Charte de Lisbonne

LE MÉDECIN GÉNÉRALISTE / MÉDECIN DE FAMILLE ET LE TOXICOMANE.
(Commentaires à la Déclaration de Lisbonne)

1. Le Patient

1.1 L’usager dépendant de drogue est un citoyen comme les autres. S’il le souhaite il pourra bénéficier comme tout autre patient d’une écoute, d’informations et de toutes les thérapeutiques validées, y compris la substitution.

1.2 Le toxicomane a droit au respect le plus strict de sa vie intime.

2. Le Médecin

2.1 Le médecin généraliste/médecin de famille compétent pour soigner les toxicomanes, devra offrir les mêmes conditions de soin que comme pour tout patient, quels que soient les lieux où il travaille.

2.2 Le médecin généraliste/médecin de famille doit avoir la possibilité d’acquérir les compétences nécessaires au moyen d’une formation spécifique pour accompagner un toxicomane dans son parcours de vie. En développant un savoir faire, un savoir être, de préférence en relation avec ses pairs, il s’efforcera d’améliorer son rôle dans le domaine des dépendances.
La coordination de la continuïté des soins à travers un réseau interdisciplinaire sera au centre de ses préoccupations.

2.3 Le médecin généraliste/médecin de famille devra disposer des conditions minimum pour lui permettre de pratiquer une médecine de qualité dans les meilleures conditions de sérénité.

3. L’abord thérapeutique

3.1 L’abord thérapeutique sera basé sur une vision globale de l’homme, tenant compte des dimensions biologiques, sychologiques et socio culturelles.
Le médecin généraliste/médecin de famille devra être acteur de prévention, particulièrement sensible à la prévention primaire au
diagnostic précoce des complications et à la réhabilitation sociale ; il sera attentif aux aspects nocifs qui peuvent apparaître dans sa pratique, tant pour lui-même que pour son patient toxicodépendant.

3.2 Il aura recours aux outils psychothérapeutiques appropriés sans porter atteinte à sa propre santé mentale.

3.3 Dans la mesure où le traitement de ses patients fait appel à des produits addictifs, il prendra toutes précautions pour la santé des patients et celle de ses concitoyens.

3.4 Quelles que soient les circonstances aucun traitement ne sera initié sans le consentement du patient.

3.5 Si le traitement nécessite l’utilisation des substances addictives, il ne pourra en aucun cas être interrompu brutalement sans autre alternative thérapeutique.

3.6 Le médecin devra être libre de toutes pressions et contraintes face au patient soigné par des substances addictives.

3.7 Un traitement pouvant être prolongé durant plusieurs années devra être en même temps accompagné d’une réinsertion psychosociale et poursuivi quels que soient les évènements qui pourront affecter la vie du patient.

3.8 L’abstinence ne sera pas obligatoirement prioritaire.

3.9 Le traitement devra avoir comme objectif, tant dans la conception que dans son application, de redonner totalement aux personnes toxicodépendantes une vie libre et responsable sans aucune dépendance institutionnelle.

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