Discours de Bertrand Riff

Discours prononcé par Bertrand Riff*, en 1999, en ouverture d’un colloque internationnal d’addictologie organisé par G&T 59-62

* Bertrand RIFF était alors le président de l’association G&T 59-62

Bonjour à tous !

A G&T on est heureux des 7 années qui se sont passées. J’ai donc d’abord eu envie de vous remercier, vous tous qui nous avez fait confiance, qui vous nous avez permis de mettre sur le terrain nos rêves, de vérifier nos hypothèses.

Merci à vous, Mesdames et Messieurs représentant les institutions, de la confiance que vous nous faites et des soutiens que vous nous apportez depuis le début de notre aventure.

Merci à l’Etat.
Dès 1991, alors que nous étions 3, vous avez marqué cette confiance et vous nous avez permis de démarrer, d’expérimenter, de travailler dans la sérénité.

Merci aux Municipalités et plus particulièrement à celle de Lille qui, dès 1992, devant l’importance du travail et le dépassement des objectifs nous a fait confiance.

Merci à la Région, qui en 1991 a permis d’expérimenter à nouveau, puis régulièrement face à cette montée en charge l’expansion, la régionalisation.

Tous vous nous avez accompagnés.

Merci au Département du Nord qui, en 1999 nous permet de réaliser ce colloque en partenariat avec la Région.

Vous allez nous aider cette année à « la vaccination à l’africaine d’une tribu en errance » qui pourrait être les toxicomanes, c’est une expérience qu’on a engagée en 96. En 96 on s’est dit : la population toxicomane est en errance, un peu comme une tribu en Afrique et il faut pouvoir la vacciner là où elle est, pour peu que dans les cabinets de médecine générale, dans toutes les institutions où elle passe, il y ait là des seringues avec le vaccin, et qu’on lui propose cette injection, on va arriver à quelque chose.

En 1 an, on a vacciné 2000 patients en dépendance, en sachant que l’hépatite B a une prévalence de 21 % dans le Nord – Pas de Calais.

Et là on tombe dans un paradoxe de la France, puisque tout heureux, on est allé voir la caisse d’assurance maladie, en lui disant regardez les résultats, ça coûte 300 000, mais on vous fait économiser 4 à 5 millions , le nombre d’hépatites chroniques attendues.
La caisse nous a dit, ce que vous faites à G&T c’est merveilleux, mais votre projet c’est  » hépatite et toxicomanie « , et nous toxicomanie, c’est pas notre job… ç’aurait été hépatite, on aurait financé, mais toxicomanie on ne peut pas, allez voir l’Etat.
On est allé voir l’Etat, on nous a dit 2000 toxicomanes vaccinés, c’est pas mal, mais  » hépatite et toxicomanie « , hépatite c’est pas notre rayon.

Depuis 96, on désespère de trouver un financement pour continuer. Et maintenant, auprès du Département du Nord, on a trouvé une oreille attentive pour reprendre cette aventure.
Mais l’argent ne suffit pas. Sans la mobilisation des collègues, de nous tous qui n’ont pas hésité à sauter au-dessus de la peur et à ouvrir leur cabinet, nous n’aurions rien pu faire…Nous étions 3, nous sommes 150 à jour de cotisation en 99.

Mais sans Nicole, notre coordinatrice, notre organisatrice, notre secrétaire, notre permanent, nous n’en serions pas là.
Merci à toi Nicole.

Merci aussi aux partenaires, les compagnons, les centres spécialisés, les hôpitaux, les associations non spécialisées et j’en oublie … vous nous avez changé la tête, vous nous avez appris l’accompagnement ensemble.

Mais aussi sans vous, confrères, collègues, amis de France ou bien du Portugal, de Belgique, de Suisse, des USA, notre réflexion n’aurait pas avancé non plus.
Merci aux collègues de Belgique qui nous ont appris qu’on pouvait avoir une pratique éthique de la méthadone

Merci à vous tous d’être là.

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